Samedi matin, 8h30, je tire le rideau et… voilà. Encore une giboulée qui s’annonce pour deux jours. J’avais prévu une rando avec un pote du côté de Fontainebleau, on a annulé à 9h02 par SMS. Classique. Sauf que cette fois, au lieu de râler et de finir avachi devant une série que j’ai déjà vue trois fois, je me suis dit que j’allais tenter autre chose. Et franchement, ça a été un des meilleurs week-ends de l’année.
Le truc qu’on oublie toujours quand il pleut, c’est que les villes se transforment complètement. Les gens désertent les rues, les musées se vident, et là où tu attendais 45 minutes en juin, tu rentres direct. J’ai profité de ça pour aller voir une expo à Lyon (j’étais en déplacement) et j’ai découvert qu’il y avait tout un tas d’événements gratuits ce week-end-là, du côté de la culture municipale. Genre vraiment gratuits, pas le « gratuit avec réservation obligatoire trois semaines à l’avance » qui te fait rager.
Perso, j’ai un faible pour les trucs un peu décalés. Cette année à Lyon justement, ils ont organisé un spectacle de drones sur l’univers d’Harry Potter. Bon, c’est en extérieur, donc pluie ou pas ça se joue, mais l’idée elle-même de mêler technologie et pop culture, je trouve que c’est exactement le genre d’événement qui rend un week-end pourri mémorable. Et il y avait aussi des sessions de réalité virtuelle un peu partout dans la ville. La VR, franchement, c’est parfait pour la pluie : t’es assis, t’es au sec, et t’as l’impression de faire du parapente au-dessus des Alpes.

Sinon dans un autre registre, j’ai une amie qui vit dans le Loiret et qui m’a traîné un dimanche à un marché aux plantes couvert. Sur le papier, ça donne pas envie (moi, les plantes, hein). Dans les faits, on a passé deux heures à discuter avec des pépiniéristes qui connaissent leur sujet par coeur, on a bu un café chaud à l’abri sous une bâche, et je suis reparti avec un ficus qui est toujours en vie six mois après. Petit miracle. Il y avait aussi une course solidaire prévue le même week-end, et bon, courir sous la flotte c’est pas mon délire, mais les gens qui le faisaient avaient l’air d’y prendre un plaisir malsain assez communicatif. En tout cas ce genre de week-end improvisé ça recharge les batteries, un peu comme quand on règle enfin un truc qui traînait, genre trouver un moyen de paiement qui fonctionne vraiment sans galérer à chaque fois.

L’autre option quand il pleut vraiment fort, celle que j’assume à moitié, c’est de rester chez soi mais de vraiment bien le faire. Je veux dire : pas juste scroller son téléphone en pyjama. Un bon film qu’on repousse depuis des mois, une session de cuisine un peu ambitieuse (j’ai tenté un boeuf bourguignon la dernière fois, quatre heures de cuisson, j’étais fier comme un pou), ou carrément une soirée jeux en ligne avec des potes éparpillés dans le pays. Y’en a qui se font des tournois de FIFA, d’autres qui vont faire un tour sur Brutal pour se détendre avec quelques parties tranquilles entre deux averses, chacun son truc. L’idée c’est de transformer l’ennui en moment un peu spécial, quoi.
Un autre plan que je recommande à mort : les sorties famille en intérieur. J’ai lu un article sur le Gard qui listait des idées de sorties, et je me rends compte que dans chaque département français il y a en fait des dizaines de trucs qu’on connaît pas. Musées locaux, aquariums, ateliers pour enfants, sites archéologiques couverts. Le problème c’est qu’on cherche pas. On googlise « que faire ce week-end à [ville] » et on tombe sur les trois mêmes trucs. Alors qu’en fouillant deux minutes de plus, sur les sites d’office de tourisme notamment, tu déterres des pépites.
Un truc auquel je pense aussi : les longs week-ends type Ascension ou pont du 8 mai, quand la météo est capricieuse, y’a plein de bons plans qui sortent. Des packages hébergement + activité indoor, des tarifs de dernière minute dans des spas ou des centres aquatiques. J’ai fait ça une fois avec ma copine, on est partis à 40 bornes de chez nous dans un petit hôtel avec piscine intérieure et sauna, tarif ridicule parce que personne ne voulait bouger sous la pluie. Deux jours de bonheur.
Le cinéma aussi. Je sais, ça paraît évident. Mais quand est-ce que t’y es allé la dernière fois un dimanche après-midi ? Vraiment. Moi ça faisait genre un an. J’y suis retourné y’a trois semaines pour un film coréen dont personne n’avait entendu parler, salle à moitié pleine, ambiance parfaite. En sortant il pleuvait toujours et j’en avais rien à faire.
Faut arrêter de voir la pluie comme un truc qui gâche le week-end. C’est une contrainte, oui, mais les contraintes ça force à être créatif. Les meilleurs souvenirs que j’ai des dernières années, c’est rarement les journées ensoleillées à la plage. C’est des trucs improvisés parce que le plan A était foutu.
Alors la prochaine fois que t’ouvres tes volets et que tu vois gris, souris. C’est peut-être le début d’un truc pas prévu.